Design ézidi sur un podium kurde : respect ou appropriation culturelle ?

Lorsqu’une créatrice kurde a présenté une robe traditionnelle ézidie sur le podium à Milan, beaucoup ont applaudi le geste comme un signe d’inclusion. Mais s’agit-il vraiment de reconnaissance — ou d’appropriation ? Pour Ezidi Times, la question va plus loin : pourquoi les Ézidis doivent-ils dépendre des autres pour présenter leurs traditions, et que signifie que leur patrimoine soit absorbé dans un récit kurde plus large ? Ce qui est en jeu n’est pas seulement la mode, mais la survie de l’identité d’un peuple ancien.

La Force Inébranlable d’une Artiste Ezidi

En 2007, Hales a fui en Allemagne avec sa mère et sa sœur—un pays qu’elle est finalement venue non seulement apprécier mais, pourrait-on dire, aimer, pour ses libertés et ses valeurs. En tant qu’Ezidi, un groupe ethno-religieux ayant subi des siècles de persécution, le concept de liberté a une grande importance pour Hales. Elle a profondément compris la valeur de la liberté à travers les atrocités commises par les groupes islamistes. Le plus récent des plus de 70 génocides Ezidi a eu lieu le 3 août 2014, avec des milliers de femmes encore captives des mains de l’État islamique (ISIS). “Nous avons vécu en captivité assez longtemps; il est maintenant temps de défendre notre liberté et nos droits”, déclare Hales.