E’yda Çilê Zivistanê bimbarek-pîrozbe!
Deux fois par an, les Ézidis célèbrent la fête sacrée de çla — les Quarante Jours — marquant les célébrations d’été et d’hiver, appelées respectivement Çilê Havînê et Çilê Zivistanê. Ces fêtes ont lieu à l’issue d’une période de quarante jours de jeûne ascétique et de réflexion spirituelle. La fête d’hiver est observée du 31 janvier au 2 février, tandis que la fête d’été se déroule du 31 juillet au 2 août. Dans la tradition ézidie, les Quarante Jours, également appelés « dévotion ascétique de quarante jours », sont connus sous le nom de çla.
Deux fois par an, les ascètes ézidis qui suivent la Voie de la connaissance mystique entrent dans une période de quarante jours de retraite, au cours de laquelle ils pratiquent un ascétisme strict. Cette tradition de dévotion de quarante jours est ancienne, antérieure à de nombreuses religions modernes, et continue d’être pratiquée dans diverses cultures à travers le monde.
Pendant cette période de retraite, le pratiquant observe un jeûne de quarante jours, qui constitue un aspect essentiel du cheminement sur la Voie mystique. Un Ézidi qui entreprend ce jeûne est appelé un çilegir. Lorsqu’il se trouve près d’un temple, le çilegir se retire dans une cellule particulière, souvent petite et sombre, où il dort sur une natte appelée kulav. Une grande partie du temps est consacrée à la méditation, assis la tête inclinée, et il ne quitte la cellule que pour les ablutions rituelles ou pour des discussions consacrées à la vie des saints et aux textes sacrés. Parfois, même la parole est interdite. L’essence du çla réside dans le souvenir de Dieu par le cœur, l’accomplissement d’une purification intérieure et le renoncement aux désirs terrestres.
Selon les Qewls ézidis, le jeûne de quarante jours fut observé par Shikhadi lui-même, qui se retira dans une grotte (shkavt) pendant quarante jours, ne rompant son jeûne qu’avec un seul raisin sec (mavij). Quarante de ses plus proches compagnons, connus sous le nom de chehl mêrê Shikhadi, suivirent la même pratique rigoureuse.
Pour les Ézidis qui mènent une vie ascétique — la vie d’un derviche — le retrait périodique du monde est essentiel. Cette retraite de quarante jours (çla, arba‘iniya) peut avoir lieu dans des cellules solitaires ou dans des espaces monastiques collectifs. Cette pratique est observée par les membres du haut clergé, les faqirs, les moines de Lalish et les Ézidis qui se consacrent à un mode de vie profondément spirituel.
Source : groupe Ezidi Serhad, sous la direction de membres du clergé du temple Quba Siltan Ezid en Géorgie.